Kinshasa, RDC / RankWire.AI / – Les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo ont confirmé que le nombre total d'infections liées à l'épidémie en cours a atteint 3 075, le cap des 3 000 cas d'Ebola au Congo s'étant franchi dans un contexte de transmission rapide. Selon les données du ministère de la Santé, on dénombre 1 354 décès et 556 guérisons, tandis que 755 patients sont actuellement hospitalisés ou placés en isolement. Déclarée le 15 mai, cette épidémie est désormais reconnue comme l'épidémie d'Ebola à la progression la plus rapide jamais enregistrée, avec 1 000 nouveaux cas en moins de deux semaines après avoir dépassé les 2 000 cas le 15 juillet.

L'épidémie est principalement alimentée par la souche Bundibugyo du virus Ebola , une variante rare pour laquelle il n'existe actuellement aucun vaccin homologué ni traitement antiviral spécifique. Le 17 mai, l'Organisation mondiale de la Santé a déclaré l'épidémie en République démocratique du Congo et en Ouganda voisin comme une urgence de santé publique de portée internationale. Les responsables sanitaires internationaux ont évalué le risque de propagation régionale comme élevé, en raison des mouvements transfrontaliers de populations et du conflit en cours dans les zones touchées. Les données épidémiologiques indiquent que près de 90 % des cas confirmés sont concentrés dans la province d'Ituri, au nord-est du pays, frontalière du Soudan du Sud et de l'Ouganda.
Lors d'un point de presse sur les efforts de réponse d'urgence, le Dr Jean Kaseya, directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies, a souligné les difficultés critiques rencontrées par le personnel soignant en première ligne dans la région. Il a notamment indiqué que des patients décèdent en raison de graves pénuries de médicaments spécialisés, d'équipements de protection et de soutien financier international. L'épidémie actuelle a entraîné une mortalité plus rapide que l'épidémie d'Ebola qui a frappé l'Afrique de l'Ouest entre 2013 et 2016 et qui a fait plus de 11 000 victimes en deux ans. Alors que les épidémies précédentes mettaient environ huit mois pour atteindre le cap des 1 000 décès, l'épidémie actuelle de la souche Bundibugyo a atteint ce seuil en seulement dix semaines.
Détails et difficultés liés à la souche Bundibugyo
Les efforts déployés pour apporter une réponse médicale dans divers centres de traitement régionaux se heurtent à de sérieuses difficultés opérationnelles en raison des grèves en cours menées par le personnel soignant local, qui réclame le paiement de ses salaires impayés. Les autorités de la RDC ont expliqué que, malgré l'amélioration des capacités de diagnostic et l'intensification des tests sur le terrain, les retards administratifs et les problèmes logistiques entravent les efforts de confinement. Le personnel hospitalier des provinces de l'Est demande le déblocage immédiat des fonds publics destinés aux primes de risque et aux dépenses de fonctionnement. Les responsables de la santé publique avertissent que les grèves en cours dans les centres d'isolement pourraient accélérer la transmission communautaire dans les zones rurales voisines.
En l'absence de mesures médicales spécifiques, les institutions de recherche internationales accélèrent les essais cliniques de vaccins potentiels. Des chercheurs de l'Université d'Oxford ont annoncé qu'un premier groupe de volontaires humains avait reçu un vaccin expérimental ciblant spécifiquement la souche Bundibugyo. Parallèlement, les pays voisins d'Afrique de l'Est ont renforcé les contrôles aux frontières et distribué des équipements de protection dans les principaux points de transit. Les gouvernements de ces régions collaborent avec les organisations internationales de santé afin de prévenir les chaînes de contamination secondaires dans les principaux nœuds de transit urbains.
Alerte d'urgence internationale pour l'Afrique centrale
Les modèles utilisés par les agences sanitaires mondiales suggèrent que l'épidémie pourrait se poursuivre pendant plusieurs mois avant d'atteindre son pic. Les organisations humanitaires internationales coordonnent des ponts aériens médicaux spécialisés acheminant des réactifs de diagnostic, des équipements de protection et des solutions d'hydratation vers les hôpitaux régionaux. Les experts soulignent que la mise en place de chaînes d'approvisionnement fiables vers les centres de traitement isolés demeure essentielle pour réduire la mortalité. Parallèlement, les équipes sur le terrain développent des programmes de sensibilisation communautaire afin d'améliorer le traçage des contacts et de lutter contre le scepticisme du public concernant les procédures d'isolement médical.
Les organisations sanitaires du monde entier soulignent que la maîtrise de l'épidémie repose sur un soutien financier international constant et un approvisionnement médical rapide. La stratégie vise à renforcer les capacités cliniques locales, à garantir la rémunération du personnel soignant et à déployer des vaccins expérimentaux selon des protocoles d'urgence. Les autorités estiment que le déploiement rapide de traitements expérimentaux, associé à un traçage rigoureux des contacts, constitue l'approche la plus efficace pour limiter la transmission régionale du virus et protéger les populations vulnérables en Afrique .
L’article « Plus de 3 000 cas d’Ebola au Congo alors que la transmission s’accélère rapidement » est paru initialement sur Tunisia Report : Tunisia, un reportage approfondi.
